INTRODUCTION

Négation du vivant

Mis en ligne le mardi 01 décembre 2009

Ils ressentent la faim, la soif, la peur, la douleur, mais n’ont ni la raison, ni la parole. Exploités, maltraités, gavés, broyés, harponnés, consommés, expérimentés, toréés, chassés, pêchés, piégés, électrocutés pour leur fourrure, emprisonnés dans les cirques, enfermés dans les zoos, les delphinariums, abandonnés, méprisés… NIÉS. À poils, à plumes ou à écailles. Les animaux. La dernière des minorités.

Luce Lapin
lucelapin@charliehebdo.fr


BIO

Sa vie de petite fille: un conte de fées, mais sans les fées

Mis en ligne le jeudi 15 octobre 2009

Ni chien, ni chat, ni oiseau, «parce que c’est sale et que ça fait du bruit», lui serine Marâtre, aussi bête que méchante. Sale comme les cheveux longs, c’est pourquoi ceux de Poulette, comme la surnomme son papa, qui lui donne de temps à autre, quand même, un peu d’affection, sont coiffés «à la Jeanne d’Arc»: un bol sur la tête, et on coupe autour. Elle est à peine âgée de 10 ans quand Marâtre, aussi bête que méchante, balance dans les WC, rien que pour lui faire de la peine, le seul animal admis dans la maison: un vieux poisson rouge (silencieux et propre) qui tourne avec application dans son bocal depuis des années.
Marâtre tire la chasse. Oscar disparaît, emporté dans le tourbillon.
Lors d’une de ces sinistres promenades du dimanche, jour maudit où elle s’ennuie tellement car il n’y a pas école, son père et Marâtre, aussi bête que méchante, l’emmènent à la SPA de Gennevilliers, comme ça, juste pour passer le temps. Coup de foudre pour un berger allemand — déjà, elle connaît toutes les races, grâce à sa bible, Le Guide marabout des chiens. Elle en rêve, du gros, de toutes ses forces. S’il arrivait malheur à Marâtre, aussi bête que méchante, elle réussirait bien à convaincre son père. Mais, déjà athée, elle ne peut même pas espérer un geste de là-haut. Nous ne saurons pas ce qu’est devenu le berger. Elle y pense encore, et le revoit tournant dans son petit box.
Elle vole de l’argent dans le porte-monnaie de Marâtre, pour acheter Hara-Kiri, puis Charlie Hebdo. Comme c’est toutes les semaines, elle vole toutes les semaines, c’est pas sa faute. Elle se jette sur l’édito de Cavanna, Je l’ai pas lu, je l’ai pas vu, mais j’en ai entendu causer, et même, comprend tout. Quand elle sera grande, elle se mariera avec lui, et ils feront le journal ensemble. Et ils auront plein d’animaux dans leur grand jardin.
Elle a l’âge qu’on lui donne, divisé par 7 — et non multiplié, à l’inverse des chiens.
Aujourd’hui, Poulette s’est bien rattrapée, et a une vague idée de ce qui peut se rapprocher du bonheur. Elle a les cheveux longs, et plein de Puces. À la fois chez elle, mais aussi tous les mercredis, dans Charlie Hebdo, en vente en kiosques, 2 euros.

Sa biblio

Les éditeurs la supplient, mais, quand elle voit comment ses compagnons du journal, qui croulent sous les publications, se la pètent, elle préfère garder sa dignité.

Luce Lapin
Février 2009


PRÉSENTATION

Chers lecteurs, chers internautes,

Mis en ligne le jeudi 15 octobre 2009

Charlie Hebdo est le seul de tous les journaux - quotidiens, hebdomadaires et mensuels, de gauche comme de droite, confondus - à proposer chaque semaine une chronique de défense des animaux, «Les Puces», que je tiens depuis le 13 mai 1993. Et, chaque semaine, par manque de place - et non de bonne volonté, je précise que Charlie est avant tout un journal politique et satirique -, je dois me résigner à mettre de côté nombre de sujets qui, s’ajoutant les uns aux autres au fil du temps, ne seront jamais traités. Le site du journal est alors inexistant, puis en construction. Dommage, car c’est pourtant évidemment et logiquement le seul endroit où j’aurais vraiment envie de développer ma chronique.

Au printemps dernier, le responsable d’un petit journal sur Internet, fondé sur la nature et l’environnement, me propose une place «bien à moi», consacrée aux animaux, me donnant, j’insiste là-dessus, carte blanche quant à la longueur et aux sujets. Je suis enthousiaste, trouve un nouveau titre de rubrique pour ma contribution à ce nouveau média, «Des Puces en plus», et j’en présente le site, dont la configuration me plaît bien, à mes lecteurs, qui sont nombreux à le visiter, et me le font savoir. Au bout du troisième article (seulement !), je passe de «carte blanche» à «carton rouge»: le rédacteur en chef fait traîner la parution de deux de mes textes, pour finalement me les refuser. Il me demande alors d’être moins «virulente». Édulcorer «Les Puces», alors que j’ai toute liberté dans Charlie pour dénoncer, entre autres violences et cruautés faites aux animaux, la corrida, la chasse, les élevages industriels ? Pas question. Je préfère partir, laissant, j’imagine, la place à des «mieux-pensants». Mais j’en prends «un coup dans la tronche», comme on dit…

Les mois passent. Résignée, je continue à mettre de côté le surplus de la misère animale, en fait dans une corbeille imaginaire, et ne me fais plus d’illusions. Et puis, tout récemment, Riss, responsable du site, cette fois achevé, me présente la nouvelle page d’accueil du journal sur Internet. Y figure, en bas, en gros, «LA PUCE DE LA SEMAINE». La petite sœur des «Puces» est née.Chers lecteurs qui me suivez et me soutenez depuis longtemps, ou bien vous qui surfez et qui venez de vous arrêter, vous n’ignorez pas que la presse est en grande difficulté et subit depuis déjà longtemps la crise générale.

Si le site de Charlie existe, c’est parce que le journal le lui permet. «Les Puces», c’est dans le journal, «La Puce de la semaine», c’est sur le site. Lisez-les et faites-les connaître toutes les deux ! Un très grand merci à vous tous.

Luce Lapin
4 février 2009
Pour me joindre (et je réponds) : lucelapin@charliehebdo.fr


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